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Métamorphose

 
Métamorphose

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Film n° 557 vu 1099 fois
Ajouté le: 2015-02-22 22:11:27
par: metamorphose
Modifié le: 2015-02-22 22:52:39
par: Ardi

Un matin, après une nuit peuplée de rêves agités, un homme se réveille. Il comprend qu’il s’est métamorphosé. Sans surprise, ni peur, mais privé de parole et enfermé dans un corps qu’il ne connaît ni ne maîtrise, il tente néanmoins de rejoindre ses parents qui, inquiets, se pressent derrière la porte. Au prix d’interminables contorsions, il parvient à ouvrir,mais à sa vue, pris d’effroi et de dégoût, ses parents claquent la porte et l’enferment. Sa jeune soeur lui rend visite puis entreprend la réorganisation de la vie de la famille. En l’absence du père, elle parvient à convaincre la mère de l’aider à vider la chambre de son frère. Le jeune homme tente alors de s’opposer à sa soeur. Alerté par le bruit de la lutte, le père revêt son costume militaire, pénètre dans la chambre et se lance à la poursuite de son fils effrayé. Il s’arme d’une pomme et frappe le jeune homme, qui s’écroule inconscient. Les jours passent. Abandonné des siens, le jeune homme perd peu à peu ses forces. La blessure provoquée par le coup porté par son père s’infecte. Après son dernier coup d’éclat, ce dernier retourne à son abattement, laissant à sa fille la gestion du foyer. Elle décide d'engager une bonne pour faire le ménage dans la chambre du jeune homme. De plus en plus faible, ce dernier peine à rassembler ses forces pour observer l’intruse. Son extrême faiblesse amuse la bonne. Après une hésitante tentative d’intimidation, le jeune homme abandonne et s’isole finalement dans un coin. Un soir, la soeur se met à jouer du violon devant ses parents admiratifs. Ému par la musique et plein d’amour pour les siens,le jeune homme entreprend de les rejoindre dans le salon. Son arrivée provoque la colère de la soeur, qui voit dans cette intrusion la volonté du frère de remettre en cause son hégémonie au sein de la famille. Il n’ en est rien. Comprenant que toute possibilité de dialogue est désormais rompue avec sa soeur, le jeune homme lui offre la possibilité de l’anéantir…



Notes du réalisateur

Le 7 décembre 1912 Franz Kafka terminait La Métamorphose. Cette nouvelle, sans doute l’ une des plus sombres et énigmatiques de son oeuvre, met en scène un jeune homme qui s’éveille un matin métamorphosé en « vermine monstrueuse ». Mis à l’écart et maltraité par les membres de sa famille, il connaîtra une lente agonie et mourra après avoir été renié par les siens. Alors que ce monument littéraire va fêter en 2015 les cent ans de sa publication, nous avons souhaité rendre hommage à son auteur et montrer que ce texte riche et ouvert était encore aujourd’hui une source intarissable d’imagination et de réflexion pour les nouvelles générations d’auteurs. Nous proposons une adaptation libre et personnelle de l’oeuvre dans laquelle nous avons fait le choix de ne pas représenter visuellement la métamorphose de Gregor, car la dimension fantastique du récit a déjà été largement exploitée sous diverses formes. Donner une forme humaine au métamorphosé redonne au récit toute sa portée allégorique et met à profit le réalisme de l’absurde cher à Kafka. Le rejet et la dissolution des liens affectifs au sein de la famille apparaissent d’autant plus effrayants que leur cause n’est pas directement lisible. Par cette non représentation, nous avons également voulu suggérer une certaine dimension de la métamorphose qui, loin d’être un « châtiment imaginaire » subi et contraignant, pourrait être comprise comme le symptôme d’une révolte inconsciente, d’un refus radical, d’un insupportable désir de s’arracher définitivement à un ordre familial et social. La métamorphose qu’expérimente le héros de Kafka, révèle plus qu’elle ne transforme. Elle met à jour la corrosion des liens familiaux, leur hypocrisie, et les luttes de pouvoir qui les traversent. C’est à cause de cette même intuition, d’une métamorphose qui, paradoxalement, libère par un processus de déliaison, d’exclusion et d’annulation de soi, que nous avons choisi de montrer Gregor en pleine conscience, apaisé et souverain au moment de sa mise à mort à la fin du film. Alors que chez Kafka cette mutation mène inéluctablement à une fin misérable, nous sommes convaincus que le « laissé faire » suicidaire du héros, son extrême renoncement, traduit une énergie placide. Son endurance dans l’anéantissement, son acharnement à conduire l’absurde jusqu’à son terme tragique, à la limite du sens, traduit forcément une forme de souveraineté psychique, une exceptionnelle humanité. La métamorphose place le héros hors du monde, dans un état limite, par-delà la perte, la dépression et la souffrance. Elle permet l’avènement d’un « être pour la mort », dépassionné, désespérément seul mais plein d’amour pour les siens, et superbement fidèle à lui-même dans son refus muet de participer à la régénération du lien social et à la reproduction des rapports de force.

Réalisé par: Frédéric Even / Louise Mercadi
Soumis par: metamorphose
Fr , 2015
Genre: Anim , Drama, Tous publics
Durée: 00:14:59
Langue: Allemand
sous-titre: Français
Production: Seesaw
Support de tournage: HDTV
Relief: 2D
format d'image: 16/9
son: Stereo
Musique: Entièrement originale
Festival: Actif pour festival

Equipe

Even Frédéric Réalisateur
Mercadier Louise Réalisatrice
Zurfluh Elisa Montage
Vialle Simon Comédien
Desmet Sandrine Comédienne
Clerc Tanguy Sound design
Van de Merghel Max Bruitage
Cordier Alexis Musique
Desmesnards Mael Musique
Vandenbroucque Julien Musique
Zurfluh Ida Interprète violon
Van Pottelberge Mixage
 

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