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Poker Diabolique

 
Poker Diabolique

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Film n° 927 vu 34 fois
Ajouté le: 2018-02-21 13:43:11
par: OGardn
Modifié le: 2018-02-21 15:11:30
par: OGardn

Enfermées dans un sous-sol, cinq personnes s’adonnent à une partie de poker particulière. A chaque fois qu’un joueur perd, il doit se tirer une balle dans la tête. Les raisons pour lesquelles ils jouent à ce jeu vont se dévoiler au fur et à mesure de l’histoire ainsi que les caractères de chacun.



Notes du réalisateur

 

Derrière son intrigue coup de poing, Poker Diabolique se veut une étude du comportement humain au travers des cinq personnages qui peuplent ce film. Mis dans une situation des plus extrêmes, la nature de chacun va se révéler petit à petit ainsi que les relations bien particulières qui unissent les différents protagonistes de l’histoire.

 

La cave : symbole de l’inconscient et révélateur de la nature de chacun

Tout le film (sauf l’ultime scène) se déroule dans un lieu unique : une cave et ce pour trois raisons. Premièrement j’ai écrit ce court dans un souci d’économie de moyens avec peu de décors, l’utilisation de lumière artificielle uniquement et très peu de mouvements de personnages.

Bien évidemment, ce lieu est avant tout imposé par l’intrigue car il apparaît très clairement que les personnages sont obligés de se cacher et de se terrer pour survivre. En effet, ceux qui vivent dehors sont devenus des monstres et ont perdu toute humanité et sont justement prêts à tout pour survivre (cf la mort des parents de Gaston).

Mais la raison la plus importante pour laquelle j’ai choisi la cave pour ce film c’est qu’elle est le lieu secret qui symbolise l’inconscient par excellence. C’est donc le lieu parfait pour que chacun des différents protagonistes puisse y révéler sa vraie nature.

La cave, comme symbole de ce qui est caché et enfoui dans l’inconscient, a souvent été utilisé de manière très efficace au cinéma. On peut penser notamment à Psychose d’Alfred Hitchcock. La cave est le lieu qu’a choisi Norman Bates pour cacher son plus sombre secret.

 

L’enfer, c’est soi-même.

En écrivant ce court-métrage, j’ai bien évidemment pensé à Huis-Clos de Jean-Paul Sartre. Si les cinq personnages jouent à ce jeu diabolique, c’est bien pour une raison, ils ont conscience de la nature monstrueuse qui existe en chaque être. Poussé dans ses retranchements, l’homme est capable de tout. Mélanie dit à un moment donné : « l’enfer, on y est déjà ». Elle ne fait pas seulement référence à leur situation désespérée de ne plus avoir de quoi vivre, mais au fait qu’ils jouent à ce jeu atroce pour éviter d’en arriver à se tuer les uns les autres et à devenir de véritables monstres.

Ce que j’ai cherché à montrer dans Poker Diabolique, c’est que l’homme garde cette liberté d’être et cette liberté d’agir et ce quelles que soient les circonstances extrêmes auxquelles il doit faire face. Chaque protagoniste réagit bien différemment devant la mort d’autrui et devant sa propre mort. Certains détournent les yeux, d’autres la regardent droit dans les yeux et d’autres semblent en vouloir à la terre entière. Ainsi, ils nous donnent à voir leur vraie nature.

Et chaque protagoniste se définit autant par ses choix que par ses actions. Alain, par exemple, sait intimement que Stan (SaTAN) a triché, et il hésite quelques instants avant de tirer sur lui mais il fait le choix conscient de préserver sa part d’humanité et préfère se tuer lui-même, et ce même s’il a compris. 

 

La table de poker, comme symbole et métaphore du monde.

La façon dont chacun des protagonistes réagit vis-à-vis des règles du jeu en dit long sur leur façon d’être dans le monde, d’autant que l’on peut voir dans le poker une métaphore de la vie. Certains obéissent passivement aux règles quel qu’en soit le prix (Laura), d’autres souhaitent des règles pour les autres mais des différentes pour eux-mêmes (Gaston), d’autres ne supportent ni les règles ni les gens qui ne respectent pas ces mêmes règles (Mélanie), certains les acceptent mais choisissent de ne pas se laisser limiter par elles (Alain) quand d’autres cherchent avant tout à les transgresser pour les utiliser à leurs profits (Stan).

Le sens de cette partie de poker peut sembler presque incompréhensible en soi dans la mesure où l’issue pour le « gagnant » ne fait aucun doute. Il mourra lui aussi, mais pire son sort semble encore moins enviable dans la mesure où il n’aura plus de balle pour mettre fin à ses souffrances. Pourquoi jouent-ils alors si le sort du gagnant parait plus épouvantable que celui des perdants ? Pourquoi se débattre quand la mort est certaine ? C’est simple le gagnant remporte le droit de vivre plus longtemps. C’est probablement là que le sens du jeu rejoint plus largement le sens de la vie : la pulsion de survie. La nature de l’homme est de chercher à survivre, et ce par tous les moyens (ou presque).

 

Le péché de Prométhée et le fruit défendu.

L’arc narratif de Stan fait directement référence à celui de Prométhée qui vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. En effet, Stan cherche à éliminer du jeu (donc de la vie) toute forme possible de hasard. Il se substitue à Dieu en cherchant à tout contrôler et tente d’échapper à sa condition d’homme. Son pêché est d’ailleurs symbolisé par la pomme qu’il croque.

En jouant le rôle d’un grand horloger qui décide de la mort de chacun des autres protagonistes et de l’ordre dans lequel ces derniers meurent, il commet une faute impardonnable et en sera puni. Non pas par la mort, car c’est qui l’attendait de toute façon mais par la connaissance de savoir que tout ce qu’il a fait n’a en réalité servi à rien, l’ironie étant qu’il lui reste la balle qu’il avait cachée et qu’il va devoir utiliser plus vite qu’il ne pensait. Ainsi il n’a échappé à rien tout en se compromettant moralement de manière irrémédiable.

 

 

Si Poker Diabolique est une œuvre, en apparence, plutôt noire quant à l’avenir de l’homme et à sa nature, j’espère surtout qu’il invitera le spectateur à se poser des questions sur la façon dont le monde fonctionne et surtout sur sa capacité à le changer. En enfer, l’essentiel n’est pas seulement de survivre, c’est ce que l’on y devient.

Réalisé par: Olivier Gardnair
Soumis par: OGardn
Fr , 2016
Genre: Fiction , Drama, Tous publics
Durée: 00:15:21
Langue: Français
sous-titre: Anglais
Production:
Support de tournage: Non défini
Relief: 2D
format d'image: None
son: Stereo
Musique: Entièrement originale
Festival: Actif pour festival

Equipe

Florent Hill Acteur
Anne-Lore Leguicheux Acteur
Guillaume Mazurage Acteur
Hugo Gelb Acteur
Charlotte Durand-Raucher Acteur
Elodie Ferré Chef op
Marie Renard Montage
Laurence Carnot Assistant Réalisateur
Julien Auclair Musique originale
William Mazure Design Sonore
Sébastien Linsolas Ingénieur Son
Erwan Robert Thomasson Etalonnage
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Poker Diabolique

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