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Le scénario

Entre deux punchlines bien senties sur l'état du scénario en France («La plume c'est comme la bouche: si t'as rien à dire, ferme ta gueule!»), Dafri revient en moins de 8 minutes et avec gouaille sur la morosité ambiante en matière de séries made in France, précisant d'ailleurs qu'il comprend pourquoi les adeptes de téléchargements illégaux préfèrent les séries US à leurs homologues franchouillardes.

 

En éreintant avec sa verve habituelle aussi bien TF1, M6 que le service public (hors Arte, à juste titre épargné), Dafri livre par élimination une éloge au service Création Originale de Canal+, rappelant les International Emmy Awards remportés aussi bien par Braquo que par Les Revenants dernièrement. Sa passion communicative, en coup de coeur comme en coup de gueule, apparaîtra pour beaucoup bien plus efficace niveau com' pour Canal+ qu'un spot de pub à grand budget.

 

Et en ces temps d'hémorragie d'abonnements suite à l'arrivée de BeIn Sport, autant dire que la chaîne peut dire merci à Dafri. Elle aura sans doute l'occasion de le faire dès le 11 février, soit au lendemain du début de la saison 3 de Braquo- la précédente saison avait été un carton d'audience.

 


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News: 213 créée: 2014-01-14 22:09:30 par: Ardi MàJ: 2014-01-14 23:29:13 par:Ardi, vue 4303 x (2.23ms) P: 213

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Manque d'objectivité ?

 

ArPaNet
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M Dafri manquerait-il d'objectivité ? Ce n'est certainement pas moi qui irait à l'encontre de son avis concernant les séries TV françaises. Néanmoins, lorsqu'il dit que le scénario est primordial et traité avec la plus haute importance aux USA, il est clair que nous n'avons pas vu les mêmes films. Autant nous pourrions attribuer cet état de fait à des auteurs tels que Tarantino, autant la plupart des grosses productions hollywoodiennes pondent des scénarii stupides, incohérents, peuplés de clichés, de poncifs, d'absurdités sans nom. Il suffit de voir les grosses bravoures bien exagérées des Die Hard, les dialogues pourris et les incohérences de récents films d'horreur (Evil Dead, le remake, en première ligne), les morales peuplées de bons sentiments de films idéologiques (voir la morale abjecte de 2012, le discours final de Matt Damon dans Elysium - j'adore le film mais, putain, ce sentimentalisme est franchement malvenu et "over the top"). Enfin bref, certes, les productions françaises ne s'en tirent pas forcément bien mais glorifier et idéaliser les USA, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité. D'autant que, je vous le rappelle, un scénario en France continue à appartenir à un auteur, on sait respecter les oeuvres. Aux USA, un scénario est acheté par un producteur et en devient sa propriété, il peut dès lors en faire ce qu'il veut, quitte à dénaturer la vision de son auteur. Que l'on ne se méprenne pas, j'apprécie aussi les blockbusters bien débiles où ça pète de partout, je n'en fais donc pas ici la critique. Mon propos est simplement de dire que les USA ne sont aucunement mieux lotis que la France en matière de qualité des scénarii et des dialogues. Cette qualité appartient à des auteurs, pas à des pays.

Message 1441
Envoyé 2014-01-24 08:23:18
Modifié le 2014-01-24 08:23:18

2

Il est sans doute excessif, mais quand même...

 

Ardi (Ardeshir Golgolab) / AAis
Ardi
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Oui il force le trait. Les Américains sont capables du meilleur et du pire. Mais a-t-il vraiment tort?

Sinon pourquoi notre cinéma français, qu'on dit être le 2ème du monde en export, est si loin des américains.

Oui, tous les films américains ne sont pas bons, parfois même ridicules, mais quand même, les meilleurs films sont américains. Et si tu cites des exemples de films où le scénario est faible au profit de l'action (ou prafois de rien d'ailleurs, le film est nul c'est tout) tu trouveras tellement d'exemples où le scénario, l'histoire, le message sont forts, et dans des genres très variés: Bienvenue à Gattaca, Cercles des poêtes diaparus, La planète des singes (version 1963), Titanic, Contact, Wall-e, La-Haut, Ratatouille, le roi lion, Sixième sens, Retour vers le futur, etc... et à la télé: Dr House, Twilight zone, la petite maison dans la prairie, les multiples séries policieres, etc.

 

Oui, les américains ne sont certes pas aussi angéliques que Dafri le dit, ils sont même impitoyables et demandent de multiples réécritures contre l'avis de l'auteur (là Dafri m'étonne en affirmant que le scénariste est respecté, mais bon il en sait plus que moi). Mais le résultat est là: Le cinéma américain s'exporte, gagne énormément d'argent, permet d'exporter leur culture, leur modèle de vie, nous influence, nous fait rêver. Ca marche!

 

Comme disait l'autre: on ne va pas au cinéma pour voir des filles au cheveux gras s'engueuler dans la cuisine.

 

cheekyBon scénario!

 

 

 

Message 1467
Envoyé 2014-01-25 01:10:54
Modifié le 2014-01-25 01:10:54

3

Le scénario, laissé-pour-compte du cinéma français

 

Ardi (Ardeshir Golgolab) / AAis
Ardi
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Extrait d'un article du Figaro du 3 février...


On n'est jamais déçu avec Vincent Lindon. Vendredi 31 janvier, à l'antenne de France Inter, l'acteur à l'affiche de Mea culpa, en salle ce mercredi, donne son avis sur la proposition du rapport Bonnel de diffuser certains films directement sur le Net. «Il y a 16 films qui sortent par semaine parce qu'il y a 300 ou 400 films produits par an, et évidemment les trois quarts ne sont pas des grands films. C'est au scénario que ça se décide. Si on travaillait un peu avec les scénaristes, si on les payait autant à écrire qu'à aller réaliser sur le plateau, quand on voit la façon dont ils sont traités, ils touchent très peu d'argent à la première version.» Bref, si on payait mieux les scénaristes, on aurait «des scénarios mieux écrits, plus pointus, plus fouillés, et il y aurait moins de films qui sortiraient». Cette défense et illustration du scénario, en pleine promotion d'un film d'action riche de trois dialogues et de «500 impacts de balles pour la séquence du TGV», dixit Lindon, est assez cocasse. Elle n'en est pas moins pertinente. Jean Labadie, lui, distributeur des récents Lulu, femme nue et Minuscule, ne se berce pas d'illusions: «Les producteurs continueront longtemps à faire Mon cul sur la commode.» Ne cherchez pas la date de sortie de Mon cul sur la commode. Sous ce titre fictif, le distributeur, patron du Pacte, range les films avec des acteurs soi-disant «bankable» et sans scénario. «Nous, on a un projet en production dont l'écriture représente trois ans de travail et dix-huit versions», poursuit-il. Si le cinéma purement commercial croit pouvoir se passer d'un scénario qui tient la route, le reste de la profession se pose des questions.

 

Décidément! Les scénaristes français sont dans le collimateur.

Message 1555
Envoyé 2014-02-04 22:39:18
Modifié le 2014-02-04 22:39:18